L’Étranger

Sáng nay tôi dậy sớm, lại đang nhìn bức tường thấm nắng ở chung cư đối diện. Cà phê đã pha. Nhạc đã bật.

Đêm qua tôi đi dạo ở bờ kênh. Tôi chọn một chiếc ghế, ngồi xuống hóng gió, nhìn lên nền trời màu xanh đậm, đám mây trắng lởn vởn như bông. Tôi chợt nhớ đến cái chăn mùa đông ở nhà. Tôi nhìn dòng nước gợn sóng lăn tăn và nhìn biển báo ngay trên đầu mình chỉ về hướng Đông, ra phía biển. Lẩn trong đám mây có một ngôi sao rất sáng. Tôi nghĩ đến bộ phim tôi mới xem tối qua có câu nói về việc khi người ta nhỏ mãi đến cấp độ lượng tử, khi đó, không gian và thời gian không còn tương thích nữa, không còn ý nghĩa nữa, tất cả ký ức và những người ta yêu thương đều sẽ không còn. Đại để thế.

Tôi ngồi đó và nghĩ giá mà có thể cứ ngồi thế mãi, cứ nhìn nước chảy dưới kênh. Trời có thể sẽ mưa và người tôi sẽ bám rêu. Tôi nghĩ mình còn trẻ, thứ duy nhất còn thừa thãi là thời gian. Người ta có thể cứ bé dần lại đến cấp độ lượng tử, hoặc chết đi, khi ấy chẳng còn gì có ý nghĩa nữa, có thể tự do chu du. Tôi nghe đâu đó tiếng người ta rao bán bánh chưng bánh giò. Tôi thắc mắc không biết thành phố này một ngày ăn hết bao nhiêu cái bánh chưng, bánh giò? Tôi nghĩ đến chuyện mình từng muốn ghi lại một cái gì đó, chia sẻ một cái gì đó về việc đã đọc L’Étranger. Có lẽ là lại ghi lại những đoạn mà tôi thấy hay, còn việc chỉ ra đoạn đó nói gì thì tôi nghĩ mình không đủ chăm để làm, mà cũng chẳng biết nói gì. Vì sao tôi thấy nó hay? Vì nó hay và tôi thấy thế. Phân tích rạch ròi và nói rõ cảm giác của mình khi đọc những đoạn ấy là điều tôi không làm được. Vì thế mà tôi không hành nghề điểm sách.😀

Tôi nhìn đường ngập trong ánh sáng vàng vàng của đèn đường, có cái gì đó rất liêu trai. Người qua lại mỗi lúc một ít, thành phố cũng ngủ dù hôm qua là thứ Sáu. Có thể ở đâu đó người ta còn uống rượu, còn nhảy múa, sau đó còn hân hoan làm tình không dứt. Trẻ cho người ta thời gian và sức lực để làm những chuyện ấy. Chết đi rồi còn gì có ý nghĩa nữa?

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L’Étranger (Collection Folio, Éditions Gallimard).

Tôi nghĩ đến việc có một cái giếng khô để chui xuông, hoàn toàn tối đen và hoàn toàn yên tĩnh, thật thú vị làm sao, như ở trong Biên niên ký chim vặn dây cót í. Tôi nghĩ lại, và bắt đầu lờ mờ cảm thấy cái mà có thể Thomas Mann cảm thấy khi viết Núi thần. Sau 2 năm…

En sortant de chez lui, j’ai refermé la porte et je suis resté un moment dans le noir, sur le palier. La maison était calme et des profondeurs de la cage d’escalier montait un souffle obscur et humide. Je n’entendais que les coups de mon sang qui bourdonnait à mes oreilles. Je suis resté immobile. (p. 53)

Je suis retourné travailler alors. J’aurais préféré ne pas le mécontenter, mais je ne voyais pas de raison pour changer ma vie. En y réfléchissant bien, je n’étais pas malheureux. Quand j’étais étudiant, j’avais beaucoup d’ambitions de ce genre. Mais quand j’ai dû abandonner mes études, j’ai très vite compris que tout cela était sans importance réelle.

Le soir, Marie est venue me chercher et m’a demandé si je voulais me marier avec elle. J’ai dit que cela m’était égal et que nous pourrions le faire si elle le voulait. Elle a voulu savoir alors si je l’aimais. J’ai répondu comme je l’avais déjà fait une fois, que cela ne signifiait rien mais que sans doute je ne l’aimais pas. «Pourquoi m’épouser alors?» a-t-elle dit. Je lui ai expliqué que cela n’avait aucune importance et que si elle le désirait, nous pouvions nous marier. D’ailleurs, c’était elle qui le demandait et moi je mecontentais de dire oui. Elle a observé alors que le mariage était une chose grave. J’ai répondu : «Non.» (p. 67)

Il y a des choses dont je n’ai jamais aimé parler. Quand je suis entré en prison, j’ai compris au bout de quelques jours que je n’aimerais pas parler de cette partie de ma vie.

Plus tard, je n’ai plus trouvé d’importance à ces répugnances. En réalité, je n’étais pas réellement en prison les premiers jours : j’attendais vaguement quelque événement nouveau.

[…] Quelques jours après, on m’a isolé dans une cellule où je couchais sur un bat-flanc de bois. J’avais un baquet d’aisances et une cuvette de fer. La prison était tout en haut de la ville et, par une petite fenêtre, je pouvais voir la mer. (p. 111-112)

De toute façon, il ne faut rien exagérer et cela m’a été plus facile qu’à d’autres. Au début de ma détention, pourtant, ce qui a été le plus dur, c’est que j’avais des pensées d’homme libre. Par exemple, l’envie me prenait d’être sur une plage et de descendre vers la mer. À imaginer le bruit des premières vagues sous la plante de mes pieds, l’entrée du corps dans l’eau et la délivrance que j’y trouvais, je sentais tout d’un coup combien les murs de ma prison étaient rapprochés. Mais cela dura quelques mois. Ensuite, je n’avais que des pensées de prisonnier. J’attendais la promenade quotidienne que je faisais dans la cour ou la visite de mon avocat. Je m’arrangeais très bien avec le reste de mon temps. J’ai souvent pensé alors que si l’on m’avait fait vivre dans un tronc d’arbre sec, sans autre occupation que de regarder la fleur du ciel au-dessus de ma tête, je m’y serais peu à peu habitué. J’aurais attendu des passages d’oiseaux ou des rencontres de nuages comme j’attendais ici les curieuses cravates de mon avocat et comme, dans un autre monde, je patientais jusqu’au samedi pour étreindre le corps de Marie. Or, à bien réfléchir, je n’étais pas dans un arbre sec. Il y avait plus malheureux que moi. C’était d’ailleurs une idée de maman, et elle le répétait souvent, qu’on finissait par s’habituer à tout.

Du reste, je n’allais pas si loin d’ordinaire. Les premiers mois ont été durs. Mais justement l’effort que j’ai dû faire aidait à les passer. Par exemple, j’étais tourmenté par le désir d’une femme. C’était naturel, j’étais jeune. Je ne pensais jamais à Marie particulièrement. Mais je pensais tellement à une femme, aux femmes, à toutes celles que j’avais connues, à toutes les circonstances où je les avais aimées, que ma cellule s’emplissait de tous les visages et se peuplait de mes désirs. Dans un sens, cela me déséquilibrait. Mais dans un autre, cela tuait le temps.

(p. 117-118-119)

Ainsi, avec les heures de sommeil, les souvenirs, la lecture de mon fait divers et l’alternance de la lumière et de l’ombre, le temps a passé. J’avais bien lu qu’on finissait par perdre la notion du temps en prison. Mais cela n’avait pas beaucoup de sens pour moi. Je n’avais pas compris à quel point les jours pouvaient être à la fois longs et courts. Longs à vivre sans doute, mais tellement distendus qu’ils finissaient par déborder les uns sur les autres. Ils y perdaient leur nom. Les mots hier ou demain étaient les seuls qui gardaient un sens pour moi.

Lorsqu’un jour, le gardien m’a dit que j’étais la depuis cinq mois, je l’ai cru, mais je ne l’ai pas compris. Pour moi, c’était sans cesse le même jour qui déferlait dans ma cellule et la même tâche que je poursuivais. Ce jour-là, après le départ du gardien, je me suis regardé dans ma gamelle de fer. Il m’a semblé que mon image restait sérieuse alors même que j’essayais de lui sourire. Je l’ai agitée devant moi. J’ai souri et elle a gardé le même air sévère et triste. Le jour finissait et c’était l’heure dont je ne veux pas parler, l’heure sans nom, où les bruits du soir montaient de tous les étages de la prison dans un cortège de silence. Je me suis approché de la lucarne et, dans la dernière lumière, j’ai contemplé une fois de plus mon image. Elle était toujours sérieuse, et quoi d’étonnant puisque, à ce moment, je l’étais aussi ? Mais en même temps et pour la première fois depuis des mois, j’ai entendu distinctement le son de ma voix. Je l’ai reconnue pour celle qui résonnait déjà depuis de longs jours à mes oreilles et j’ai compris que pendant tout ce temps j’avais parlé seul. Je me suis souvenu alors de ce que disait l’infirmière à l’enterrement de maman. Non, il n’y avait pas d’issue et personne ne peut imaginer ce que sont les soirs dans les prisons. (p. 123-124)

L’audience a été levée. En sortant du palais de justice pour monter dans la voiture, j’ai reconnu un court instant l’odeur et la couleur du soir d’été. Dans l’obscurité de ma prison roulante, j’ai retrouvé un à un, comme du fond de ma fatigue, tous les bruits familiers d’une ville que j’aimais et d’une certaine heure où il m’arrivait de me sentir content. Le cri des vendeurs de journaux dans l’air déjà détendu, les derniers oiseaux dans le square, l’appel des marchands de sandwiches, la plainte des tramways dans les hauts tournants de la ville et cette rumeur du ciel avant que la nuit bascule sur le port, tout cela recomposait pour moi un itinéraire d’aveugle, que je connaissais bien avant d’entrer en prison. Oui, c’était l’heure où, il y avait bien longtemps, je me sentais content. Ce qui m’attendait alors, c’était toujours un sommeil léger et sans rêves. Et pourtant quelque chose était changé puisque, avec l’attente du lendemain, c’est ma cellule que j’ai retrouvée. Comme si les chemins familiers tracés dans les ciels d’été pouvaient mener aussi bien aux prisons qu’aux sommeils innocents. (p. 146-147)

J’aurais voulu essayer de lui expliquer cordialement, presque avec affection, que je n’avais jamais pu regretter vraiment quelque chose. J’étais toujours pris par ce qui allait arriver, par aujourd’hui ou par demain. Mais naturellement, dans l’état où l’on m’avait mis, je ne pouvais parler à personne sur ce ton. Je n’avais pas le droit de me montrer affectueux, d’avoir de la bonne volonté. Et j’ai essayé d’écouter encore parce que le procureur s’est mis à parler de mon âme. (p. 153)

Và toàn bộ Chương V, phần Hai mà có hai đoạn này tôi thích nhất:

Il y avait aussi deux choses à quoi je réfléchissais tout le temps : l’aube et mon pourvoi. Je me raisonnais cependant et j’essayais de n’y plus penser. Je m’étendais, je regardais le ciel, je m’efforçais de m’y intéresser. Il devenait vert, c’était le soir. Je faisais encore un effort pour détourner le cours de mes pensées. J’écoutais mon cœur. Je ne pouvais imaginer que ce bruit qui m’accompagnait depuis si longtemps pût jamais cesser. Je n’ai jamais eu de véritable imagination. J’essayais pourtant de me représenter une certaine seconde où le battement de ce cœur ne se prolongerait plus dans ma tête. Mais en vain. L’aube ou mon pourvoi étaient là. Je finissais par me dire que le plus raisonnable était de ne pas me contraindre.

C’est à l’aube qu’ils venaient, je le savais. En somme, j’ai occupé mes nuits à attendre cette aube. Je n’ai jamais aimé être surpris. Quand il m’arrive quelque chose, je préfère être là. C’est pourquoi j’ai fini par ne plus dormir qu’un peu dans mes journées et, tout le long de mes nuits, j’ai attendu patiemment que la lumière naisse sur la vitre du ciel. Le plus difficile, c’était l’heure douteuse où je savais qu’ils opéraient d’habitude. Passé minuit, j’attendais et je guettais. Jamais mon oreille n’avait perçu tant de bruits, distingué de sons si ténus. Je peux dire, d’ailleurs, que d’une certaine façon j’ai eu de la chance pendant toute cette période, puisque je n’ai jamais entendu de pas. Maman disait souvent qu’on n’est jamais tout à fait malheureux. Je l’approuvais dans ma prison, quand le ciel se colorait et qu’un nouveau jour glissait dans ma cellule. Parce qu’aussi bien, j’aurais pu entendre des pas et mon cœur aurait pu éclater. Même si le moindre glissement me jetait à la porte, même si, l’oreille collée au bois, j’attendais éperdument jusqu’à ce que j’entende ma propre respiration, effrayé de la trouver rauque et si pareille au râle d’un chien, au bout du compte mon cœur n’éclatait pas et j’avais encore gagné vingt-quatre heures.

Pendant tout le jour, il y avait mon pourvoi. Je crois que j’ai tiré le meilleur parti de cette idée. Je calculais mes effets et j’obtenais de mes réflexions le meilleur rendement. Je prenais toujours la plus mauvaise supposition : mon pourvoi était rejeté. « Eh bien, je mourrai donc. » Plus tôt que d’autres, c’était évident. Mais tout le monde sait que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Dans le fond, je n’ignorais pas que mourir à trente ans ou à soixante-dix ans importe peu puisque, naturellement, dans les deux cas, d’autres hommes et d’autres femmes vivront, et cela pendant des milliers d’années. Rien n’était plus clair, en somme. C’était toujours moi qui mourrais, que ce soit maintenant ou dans vingt ans. À ce moment, ce qui me gênait un peu dans mon raisonnement, c’était ce bond terrible que je sentais en moi à la pensée de vingt ans de vie à venir. Mais je n’avais qu’à l’étouffer en imaginant ce que seraient mes pensées dans vingt ans quand il me faudrait quand même en venir là. Du moment qu’on meurt, comment et quand, cela n’importe pas, c’était évident. Donc (et le difficile c’était de ne pas perdre de vue tout ce que ce « donc » représentait de raisonnements), donc, je devais accepter le rejet de mon pourvoi.

À ce moment, à ce moment seulement, j’avais pour ainsi dire le droit, je me donnais en quelque sorte la permission d’aborder la deuxième hypothèse : j’étais gracié. L’ennuyeux, c’est qu’il fallait rendre moins fougueux cet élan du sang et du corps qui me piquait les yeux d’une joie insensée. Il fallait que je m’applique à réduire ce cri, à le raisonner. Il fallait que je sois naturel même dans cette hypothèse, pour rendre plus plausible ma résignation dans la première. Quand j’avais réussi, j’avais gagné une heure de calme. Cela, tout de même, était à considérer.

(p. 169-170-171-172)

Lui parti, j’ai retrouvé le calme. J’étais épuisé et je me suis jeté sur ma couchette. Je crois que j’ai dormi parce que je me suis réveillé avec des étoiles sur le visage. Des bruits de campagne montaient jusqu’à moi. Des odeurs de nuit, de terre et de sel rafraîchissaient mes tempes. La merveilleuse paix de cet été endormi entrait en moi comme une marée. À ce moment, et à la limite de la nuit, des sirènes ont hurlé. Elles annonçaient des départs pour un monde qui maintenant m’était à jamais indifférent. Pour la première fois depuis bien longtemps, j’ai pensé à maman. Il m’a semblé que je comprenais pourquoi à la fin d’une vie elle avait pris un « fiancé », pourquoi elle avait joué à recommencer. Là-bas, là-bas aussi, autour de cet asile où des vies s’éteignaient, le soir était comme une trêve mélancolique. Si près de la mort, maman devait s’y sentir libérée et prête à tout revivre. Personne, personne n’avait le droit de pleurer sur elle. Et moi aussi, je me suis senti prêt à tout revivre. Comme si cette grande colère m’avait purgé du mal, vidé d’espoir, devant cette nuit chargée de signes et d’étoiles, je m’ouvrais pour la première fois à la tendre indifférence du monde. De l’éprouver si pareil à moi, si fraternel enfin, j’ai senti que j’avais été heureux, et que je l’étais encore. Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine.

(p. 183)

Tôi đọc bảng hướng dẫn sử dụng dụng cụ thể thao công cộng, phát hiện ra vài lỗi nho nhỏ và tự cười. Tôi leo lên một “cái gì để đạp như đạp xe đạp” và đạp ngược. Phía trước có một bà chị tầm 40 dùng cái lắc hông. Két két. Két két.

Nước kênh rút nhanh, đám cá nhung nhúc bên dưới. Gió mát và không còn mây nữa. Tôi có một ký ức rất rõ về những ngày bé tí ở Lạng Sơn.

Tôi về nhà. Tôi nghĩ đến bài luận tôi đã viết, còn kẹp trong sách, chưa nộp.

Je trouvais cela normal comme je comprenais très bien que les gens m’oublient après ma mort. Ils n’avaient plus rien à faire avec moi. Je ne pouvais même pas dire que cela était dur à penser. (p. 173)

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